Aller-simple pour un burnout

Aller-simple pour un burnout

Les métiers du contenu en burnout pour 2024 ?

C'est en tout cas l'une des conclusions que l'on peut tirer de l'étude conduite par Newtn (2024 Content Trends, à télécharger ici, ou à voir en replay ici).

La méthodo : 155 professionnels du marketing interrogés, provenant d'entreprises de diverses tailles, et de différents secteurs.

On peut donc s'attendre à dégager des tendances assez représentatives.

Alors, quelle surprise (ou pas) quand on découvre que :

"51,4 % des entreprises interrogées souhaitent produire plus de contenu cette année, tout en maintenant un nombre de personnes en charge de la production, inchangé (44,8 %)"

En clair, et sans langue de bois entrepreneuriale :

👉 Citronner davantage les équipes en charge du content afin de produire davantage d'assets.

Et tout ça en conservant, voire en réduisant, les ressources qui leur sont allouées :

"En 2024, le budget consacré au contenu restera inchangé (31 %) voire en baisse (18 %)".

Avec quasi 20 % de "je ne sais pas" dans les interrogé·es sur cette question.

Élément intéressant, dans les cas d'augmentation de budget, ce dernier ne sera d'ailleurs PAS investi en priorité dans des outils d'analyse ou de gestion, alors que les équipes en auraient terriblement besoin pour soutenir la demande.

C'est vrai qu'investir dans des ressources supplémentaires ou optimiser les processus, ça sert à pas grand-chose.

"Jacqueline vient de claquer un arrêt maladie ? Oh zut... Bon, on va prendre un·e stagiaire"

Augmenter la charge de taf sans renforcer les équipes, c'est simplement mettre une pression énorme sur les épaules de ceux qui sont déjà en première ligne.

Ce n'est pas comme si les professionnels du marketing et de la com' sont déjà notoirement connus pour jongler avec des deadlines serrées, des attentes élevées et des technos en constante évolution.

Et ça, c'est dans le meilleur des cas ; on peut aussi ajouter à la pile des objectifs irréalistes (ou leur absence), des moyens limités, une pression constante pour innover et se démarquer dans un marché saturé... ainsi qu'une hiérarchie dubitative, voire franchement hostile au marketing (oui oui, ça existe).

Ces mêmes pros qui, enfin, dans la majorité des PME, sont souvent... seuls à leur poste, à jongler en plus avec 1000 trucs, voire avec des tâches qui ne relèvent pas de leur périmètre de mission.

Résultat de ces conditions fort sympathiques que n'aurait pas renié Dante dans sa Divine Comédie ?

Un rythme effréné qui exige une flexibilité et une résilience extrêmes.

On peut saupoudrer tout ça d'attentes saugrenues en termes de résultats (souvent sans une compréhension claire des efforts nécessaires pour atteindre ces objectifs, c'est plus rigolo), et vous obtenez un environnement de travail méga nocif où le burnout n'est pas juste un risque, mais une conséquence inévitable à moyen terme...

... Surtout quand on lit ailleurs que les cadres de la génération X, hyperconnectés, sont au bord du gouffre.

(sympa)

On repense la prod' de contenus, ou on fait comme avant ?

Bref, il est impératif de se poser des questions, là.

❌ Le contenu est roi, mais à quel prix ?

❌ Faut-il produire plus ou mieux ?

❌ D'ailleurs, produire plus, mais pour quoi faire ?

Premier constat : la créativité ne peut pas être forcée, et encore moins dans un environnement aussi délétère. À moins de performer un temps sous coke (et de crever plus rapidement que la moyenne), on a besoin de temps, voire de pauses, pour développer certaines choses de façon convenable ; il parait même que l'ennui est un facteur de créativité.

Deuxio, et conséquence du premier point : la pression pour augmenter la prod' de contenu, sans soutien supplémentaire, mène inexorablement à une baisse de qualité, donc à un contenu moins engageant, moins performant, et finalement à une stratégie contre-productive.

Enfin, dans un monde où le contenu est de plus en plus consommé, partagé et critiqué, la nécessité d'un contenu de "qualité supérieure" n'a jamais été aussi évidente ; à l'heure de l'ami chatGPT et des dérives de l'IA, on parle même de contenus plus "humains".

Mais comment faire du contenu "humain" quand l'investissement dans les femmes et les hommes qui le crée ne suit pas ?

Autant de questions que ne se poseront sans doute pas ces entreprises, et qui verront poindre des dém' ou des arrêts de travail avec un air surpris.