C’est quoi, un contenu de "qualité" ?

C’est quoi, un contenu de "qualité" ?

C'est LA tendance webmarketing 2024, celle dont on nous parle partout, surtout avec l'avènement de l'IA - LinkedIn, Hubspot ou autre blog de rédacteur·ice wannabe :

"Faire du contenu de QUALITÉ".

C'était la même tendance en 2023.

Ainsi qu'en 2022.

Et en 2021.

Bref, ça doit être la "tendance" de ces dix ou quinze dernières années que l'on ressort avec ce même chic pour présenter la chose comme une révolution webmarketing 4.0 (est-ce qu'on peut encore appeler ça une tendance ? Coco Chanel doit vriller dans ses planches).

Toujours est-il qu'une fois qu’on a dit ça - "faire du contenu de qualité", c’est top, merci, on est contents, y’a plus qu’à, yakafokon.

Car c’est quoi un contenu de "qualité" ?

Mystère.

Les trois quarts des articles sont muets comme un macchab’… hormis ceux qui balbutient, le menton tremblant : "c'est des contenus engageants faits pour des humains" ou "il faut faire attention à ses mots-clefs, c'est à la fois pour Google et pour les gens" (soupir).

Avec ça, on est sortis d'affaire, c'est clair et net.

En vrai, personne n'en sait foutre rien

Le débat sur ce qui constitue un contenu de "qualité" semble sacrément tourner en rond façon Maurice, piégé dans une boucle 301 de conseils recyclés et de vérités à moitié avouées.

"Engageant", "humain", "optimisé pour les moteurs de recherche" - autant de termes qui sont devenus des mantras bouddhistes répétés ad nauseam par des gourous autoproclamés ou, pire, par des néophytes dépassés, sans jamais donner de définition effective ou de caractéristiques objectives.

Mais peut-être qu'en réalité, l'exercice est impossible.

Peut-être qu'en réalité, la "qualité" d'un contenu ne se mesure pas seulement en clics ou en temps passé sur une page, mais dans sa capacité à éveiller une réaction, à provoquer une réflexion, à inciter à l'action.

Le suivi des performances, c'est important (je suis même un fervent défenseur de l'exercice, vous l'avez pigé).

Mais ça ne doit pas occulter le fait qu'un contenu de "qualité", c'est peut-être, et avant tout, une invitation au dialogue, non pas un monologue noyé parmi des centaines de milliers d'autres dans la cacophonie numérique.

Un contenu de "qualité", ça devrait aussi peut-être s'inscrire dans une stratégie de contenu réfléchie, où chaque mot, chaque image, chaque vidéo, comme autant de notes d'une partition, joue un rôle spécifique dans une symphonie plus vaste : celle de la marque et de ses valeurs.

Oui, ça fait beaucoup de "peut-être".

Désolé néanmoins pour tous les content marketers névrosés par le ROI, mais le marketing de contenu n'est pas une science exacte.

Il oscille entre intuition et analyse, entre créativité et logique ; ce qui fonctionne pour une marque peut s'avérer totalement inefficace pour une autre.

Un contenu de "qualité", ce serait donc celui qui parvient à marier pertinence et personnalité, à allier l'utile à l'agréable, à offrir non seulement de l'information, mais aussi de l'inspiration.

C'est un contenu qui ne se contenterait pas de répondre à des questions, mais qui pousserait à s'en poser de nouvelles ; un contenu qui ne se mesurerait pas uniquement à l'aune de ses performances SEO ou de son taux de conversion, mais à son impact durable sur l'audience.

Et ce disant, on voit qu'il y a une part éminemment subjective dans la définition que l'on pourrait donner d'un contenu de "qualité", ce qui explique la difficulté à établir une norme universelle.

Pour certain·es, un contenu de qualité, ce sera un contenu bien ciblé, au bon moment, aux bonnes personnes.

Pour d'autres, un contenu qui réalise son objectif.

Pour d'autres encore, un contenu qui tend la main à des humains.

Et il est fort possible que ce soit tout ça à la fois.